Da Le Monde del 13/10/2006
Originale su http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-822718@51-822824,0.html

La RAI attend toujours les réformes promises

di Daniel Psenny

VENISE - "Il est plus facile de déployer nos forces au Liban que de régler les problèmes de la RAI." Début septembre, derrière une ironie amère, Romano Prodi, président du conseil italien, ne cachait pas son impuissance à réformer le service public audiovisuel italien, que Silvio Berlusconi avait mis "à sa botte" au cours de ses cinq années de gouvernement.

Jeudi 12 octobre, le conseil d'administration de la RAI a décidé quelques changements de têtes dans les filiales non stratégiques du groupe public et à la direction de la radio. Des nominations qui s'ajoutent à celles, mi-septembre, du directeur du personnel et celui du "TG1", le journal de la première chaîne, "navire amiral" de la RAI, où Gianni Riotta, vice-directeur du quotidien Corriere della sera et professionnel unanimement reconnu, à gauche comme à droite, a remplacé Clemente Mimun, nommé sous Berlusconi. Des changements bien timides, qui n'ont pourtant pas empêché l'opposition de crier aussitôt à "l'épuration politique" et des proches du "Cavaliere" de dénoncer les "idées liberticides" de la majorité.

Six mois après sa courte victoire aux élections législatives, les 9 et 10 avril, qui a renvoyé M. Berlusconi dans l'opposition, M. Prodi et son gouvernement de centre-gauche hésitent toujours à s'attaquer aux réformes de fond pour "Mamma RAI", et surtout à régler le conflit d'intérêts entre Berlusconi, homme politique, et Berlusconi, propriétaire de Mediaset, grand rival privé de la RAI.

"Si nous revenons au pouvoir, nous réglerons le conflit d'intérêts de Berlusconi dans les cent jours", promettait pourtant Fabrizio Morri, responsable des Démocrates de gauche (DS) peu avant le scrutin (Le Monde du 6 avril). "Mediaset devra maigrir, aussi bien en nombre de chaînes qu'en volume de publicité", avait renchéri, après les élections, Fausto Bertinotti, secrétaire du Parti de la refondation communiste (PRC), aujourd'hui président de la Chambre des députés.

Interrogé à ce sujet par Le Monde, fin septembre, lors du 58e Prix Italia, organisé par la RAI à Venise, Paolo Gentiloni, le ministre de la communication, n'a donné "aucune garantie" quant au vote d'une loi sur le conflit d'intérêts, et est resté très flou sur l'avenir du service public. Tout juste a-t-il confirmé que la nouvelle majorité entendait remettre à plat la loi Gasparri (ex-ministre des communications de M. Berlusconi) qui, depuis 2004, régit l'audiovisuel italien.

Votée pour développer le pluralisme, cette loi a paradoxalement renforcé Mediaset en augmentant ses parts de marché et son chiffre d'affaires. En 2005, le groupe privé affichait un bénéfice net en augmentation de près de 10 % par rapport à 2004, et sa régie publicitaire, Publitalia, raflait plus de 60 % du marché.

"C'est dès maintenant qu'il faut redéfinir les conditions pour que le service public fonctionne correctement, estime Claudio Petruccioli, président de la RAI depuis 2005. Les années Berlusconi n'ont pas été faciles pour la RAI et il est nécessaire de retrouver notre autonomie. Il faut éviter que le service public tombe dans une autre ère d'influence. Nous avons besoin de retrouver notre liberté éditoriale pour prendre les mesures utiles à l'entreprise."

Depuis des semaines, la bataille fait rage entre la majorité et l'opposition autour des nominations aux postes-clés de la RAI (conseil d'administration, directeurs de chaînes, responsables des journaux télévisés) monopolisés par les partisans de M. Berlusconi.

Une bataille qui n'a fait que ranimer les anciens réflexes de la lotizzazione, une vieille pratique politique qui, dans les années 1980, permettait aux partis politiques de se partager les trois chaînes de la RAI. "Il n'y aura pas de retour à la lotizzazione, car ce système a atteint sa limite", assure M. Gentiloni. Pourtant, certains membres de l'Unione, la coalition qui soutient M. Prodi, pressent le président du conseil d'aller vite. Concernant les nominations, M. Prodi a botté en touche en répondant "qu'il n'avait pas voix au chapitre" et que celles-ci "dépendaient du conseil d'administration".

Au-delà du puzzle politique qui bloque toute réforme de fond, les dirigeants de la RAI doivent aussi relever les défis économiques et technologiques qui se profilent, notamment celui du passage au tout numérique à partir de 2012. "Si nous ne préparons pas bien les choses, l'arbre du service public risque d'être perdu dans la forêt numérique", dit M. Gentiloni, qui assure toutefois que le gouvernement interviendra financièrement "pour que le service public puisse poursuivre son action".

"La qualité a un prix", estime le ministre, en rappelant que la redevance audiovisuelle s'élève à seulement 99,60 euros par an. Selon lui, "la publicité occupe trop de place sur le service public et ne permet pas de faire la différence avec les chaînes privées. Elle nous pousse vers une banalisation. Je pense qu'il faut séparer ce qui est financé par la publicité et la redevance".

Un constat partagé par Claudio Cappon, directeur général de la RAI, qui regrette que les programmes des chaînes publiques aient été "fortement conditionnés par la concurrence" et "qu'une nouvelle génération de professionnels ne soit pas arrivée, ou qu'ils aient fui vers les sociétés privées pour créer des projets qu'ils n'arrivaient pas à développer chez nous". "A long terme, cette situation est dangereuse pour le service public, dit-il. La légitimité de la RAI a été bafouée, il faut la reconquérir."

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