Da Le Figaro del 04/10/2005
Originale su http://www.lefigaro.fr/europe/20051004.FIG0023.html

L'école islamique de Via Quaranta fait scandale

Depuis quatorze ans, l'établissement musulman de Milan accueillait des élèves dans l'illégalité. Les menaces de fermeture ont suscité une controverse nationale

DU NOM d'un archéologue du XIXe siècle, Via Bernardo Quaranta est une méchante rue industrielle de la banlieue sud de Milan. Sur un trottoir à deux pas du flot incessant de camions et fourgonnettes, une bâtisse d'un étage en ciment et briques rouges abrite une école islamique.

Devant, des groupes d'enfants, garçons d'un côté, fillettes de l'autre, font mine de suivre un cours en plein air, assis à califourchon sur des chaises de classe. Les enfants sont dissipés : ils s'agitent, exhibent à tout bout de champ des téléphones portables. A l'angle de la rue, un groupe d'hommes discute avec véhémence en arabe. Au milieu des fillettes, des femmes portant des djellabas aux couleurs ternes dévisagent les passants avec suspicion. Deux d'entre elles sont enveloppées d'un niqab noir les couvrant de la tête au pied et masquant le visage. Seule la peau blanche autour des yeux trahit des Italiennes converties à l'Islam.

Depuis la rentrée, l'école islamique de Via Quaranta, située à deux pas d'une mosquée, fait scandale. Pendant quatorze ans, elle a fonctionné en toute illégalité, sans aucune autorisation. A la veille de la reprise des cours, la Mairie en a ordonné la fermeture, estimant les locaux trop exigus pour accueillir 511 élèves, de la maternelle à la troisième. Sans doute ses responsables espéraient-ils passer une nouvelle fois au travers des mailles du filet. C'était compter sans le climat de suspicion qui entoure mosquées et instituts culturels islamiques et sans les mesures de sécurité renforcées depuis les attentats de Londres et l'arrestation à Rome d'un des kamikazes, Hamdi Isaac, extradé la semaine dernière vers la Grande-Bretagne.

La fermeture de l'école est devenue une affaire nationale. Les parents d'élèves, en majorité des Egyptiens, refusent que leurs enfants soient intégrés dans des écoles d'Etat, affirmant vouloir défendre leur «identité arabe» : «Je veux qu'ils puissent apprendre en parallèle les deux cultures. Qu'ils connaissent l'histoire de l'Egypte autant que celle de l'Italie», explique posément Ahmed, entrepreneur égyptien en BTP émigré à Milan il y a seize ans. D'autres tiennent un discours plus radical. Telle Sara, une Génoise qui a changé de prénom en épousant un Egyptien et en se convertissant à l'Islam. Elle est devenue la Pasionaria de Via Quaranta : «A l'école publique, nos enfants n'auront que trois heures d'arabe par semaine. Comment leur transmettre nos traditions ? Mieux vaut rentrer en Egypte.»

Il y a huit jours, deux manifestations se sont déroulées devant l'école. L'une, de soutien aux parents d'élèves, était animée par les communistes et les Verts. L'autre de protestation, était organisée par la Ligue du Nord, aux cris de «Milan Chrétienne, jamais musulmane». Pour Tiziana Maiolo, conseiller municipal de Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi, au pouvoir) chargées des politiques sociales, la loi italienne «continuant d'être ignorée», il ne s'agit plus que d'un problème d'ordre public. La police doit dégager les trottoirs et la justice inculper les parents qui soustraient leurs enfants à l'obligation de fréquentation scolaire. Au niveau national, les responsables d'un islam modéré approuvent quand le préfet Bruno Ferrante affirme ne pas pouvoir accorder de dérogation à une «institution non reconnue». Devant l'école, Omar est tout heureux d'être au centre de l'attention. De père égyptien et de mère italienne, ce garçon de 13 ans s'exprime avec aisance dans la langue de Dante. Après ses cours Via Quaranta, il affirme se rendre l'après-midi en autobus à l'école publique pour suivre deux heures d'italien. Son ambition : devenir pharmacien au Caire. Son copain Mustafa, du même âge, portant un tee-shirt «Jamaica», veut devenir ingénieur. Un adulte lui souffle des réponses convenues. Aucun de ces enfants n'est en mesure de fournir une date de l'histoire italienne.


UNE BARBE DE PROPHÈTE

Ali Sharif porte une barbe de prophète. Il a fondé l'école à son arrivée en Italie, après avoir exercé «divers métiers» en Egypte. Comme directeur, il est le principal interlocuteur des autorités. Face aux deux journalistes qu'il reçoit dans une salle de classe d'informatique où trônent sept ordinateurs de conception éculée, il se défend avec véhémence d'avoir mis sur pied une école coranique : «C'est un mensonge. Si nos enfants suivent de pair deux enseignements, l'un en arabe, l'autre en italien, où en trouveraient-ils le temps ?» Il exhibe un opuscule de dix-neuf pages pour enfants de sept ans : «C'est notre seul ouvrage de religion. Le Coran n'y est cité que deux fois.» Il se prévaut du sceau de la République égyptienne frappé sur tous les livres scolaires : «C'est la preuve que nos cours ont l'aval des autorités de notre pays.» L'enseignement de Via Quaranta est sanctionné chaque année par un examen au consulat d'Egypte. Mais aucune inspection d'académie n'en a jamais établi le sérieux et la rigueur. Il s'indigne des attaques dont l'école fait l'objet : «Nous n'enseignons aucune forme de violence.» L'appel du muezzin retransmis par haut-parleur met fin à l'entretien. En prenant congé, Ali Sharif refuse de serrer la main que lui tend notre consoeur : «Ma religion m'interdit de serrer la main d'une femme», dit-il.

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